16.6. Case forte et case faible
Qu’est-ce qu’une case faible ?
Une case qui ne peut plus être contrôlée par les pions de mon adversaire.
Qu’est-ce qu’une case forte ?
C’est une case faible adverse que mes pièces peuvent occuper.
A chaque fois qu’on pousse un pion on laisse irrémédiablement derrière des cases faibles. « La case idéale est la case initiale ! » vont même jusqu’à dire certains joueurs. Il vaut donc mieux y regarder à deux fois avant de se laisser emporter par son élan guerrier.
Est-ce que les cases faibles ainsi créées ne deviendront pas des cases fortes pour mon l’adversaire ? Néanmoins, l’important dans une partie d’échecs n’est pas de dénombrer les cases faibles d’un côté ou de l’autre, mais d’avoir des cases fortes.
16.7. Paire de Fous
Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle, lorsque la notion d’exploitation des petits avantages a fait son apparition, que la force des deux Fous que Tarrasch appelait la « petite qualité » (la « qualité » est la différence de valeur entre une pièce mineure et une Tour, un thème que nous verrons un peu plus loin), a commencé à prendre un sens. L’avantage des deux Fous s’entend surtout comme un avantage sur le couple Fou et Cavalier. L’exemple le plus concret de cette différence apparaît dans le mat des deux Fous contre le Roi dépouillé qui est bien plus facile à réaliser que le mat par Fou et Cavalier dans le même cas. Les deux Fous se complètent et agissent de loin, tandis que l’union Fou et Cavalier est moins harmonieuse, ceci n’étant une règle générale que pour 80% des cas, les 20% restant dépendent surtout de la structure des Pions.
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Dans le diagramme ci-dessus les Blancs ont une position supérieure. Alors que force de la paire de Fous blancs est libre de s’exprimer sur tout l’échiquier, le couple Fou et Cavalier noir doit se contenter de défendre. On sait depuis longtemps que la « paire de Fous » a besoin d’espace pour peser de tout son poids, mais il ne faut pas sous-estimer qu’un des privilèges des deux Fous, c’est de pouvoir en échanger un bon moment, et de rester alors avec un Fou actif contre un cavalier sans avenir.
16.8. Mauvais Fou contre bon Cavalier
Même si un Cavalier et un Fou ont la même valeur « théorique » de 3 pions, c’est surtout leurs possibilités réelles qui comptent. Dans le diagramme suivant le Fou noir en e8 doit être considéré comme « mauvais » parce que sa mobilité est réduite par ses propres Pions entre f7, e6 et d5. On estime que la gêne la plus sérieuse à la mobilité d’un Fou est apportée par les « Pions centraux » (les Pions situés sur les colonnes c- d- e- et f-).
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Par contre, le Cavalier blanc en d6 doit-être considéré comme « bon » et il est ici bien supérieur au Fou noir. Non seulement un Cavalier n’est que rarement gêné par les Pions grâce à sa manière de se déplacer et à sa faculté de sauter par-dessus les Pions et les pièces mais, dans cette position, il est en plus profondément implanté dans la position ennemie. Les Noirs ne possèdent aucun moyen de déloger ce Cavalier : aucun Pion, pas de Cavalier et le Fou en e8 est de la mauvaise couleur. Si les Noirs souhaitent vraiment se débarrasser de ce terrible Cavalier d’une valeur de 3 Pions, ils devront l’échanger contre une Tour d’une valeur de 5 Pions !
Les caractéristiques du « mauvais Fou » jouent un rôle important et indiquent aisément la ligne de jeu à suivre, non seulement quand la pièce opposée est un Cavalier, mais aussi en cas de lutte entre un « bon et mauvais Fou ». Dans ce cas l’avantage est beaucoup moins net ; aussi nous nous en tiendrons là dans le duel Fou contre Cavalier.