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9. La Stratégie (2)


L’importance du centre ; Avantage d’espace et Structure de pions.

Gérard Demuydt
le 26 janvier 2008.

16.3. L’importance du centre

Le centre est un élément primordial du jeu d’échecs. Le joueur qui contrôle le centre (et ainsi les cases centrales), peut choisir le lieu du combat : centre, aile-dame ou aile-roi.

Le joueur qui lutte contre le centre adverse possède quant à lui 3 façons de le faire :

1. Empêcher sa construction
2. Le détruire pendant son élaboration
3. Le bloquer, pour le détruire ultérieurement

16.4. Avantage d’espace

En général, le camp possédant le moins d’espace doit provoquer des échanges pour être plus à l’aise et le camp possédant le plus d’espace doit fuir les échanges. Ce principe est d’une logique implacable et le diagramme ci-dessous, évident :


 (JPG)

A peine quelques coups ont été joués dans cette partie, que la différence d’espace entre les deux camps saute au yeux. Alors que les pièces noires « se marchent dessus » et leurs trouver de bonnes cases va être très difficile, les Blancs ont tout loisir pour placer leur armée. Les Noirs ont bien un Pion de plus (en e6), mais c’est surtout ici un inconvénient. Comment sortir les Fous noirs en f8 et c8 ? La Dame noire est aussi très mal placée, le Roi noir a toutes les chances de ne jamais pouvoir roquer. Du côté blanc aucun problème : Le Fou en c1 peut aller en f4, la Dame en d2 ou e2 et le Roi effectuera sans doute le grand-roque (sur l’aile dame).
Pour profiter de cet avantage, les Blancs doivent simplement éviter d’échanger les pièces. En effet, plus les Noirs auront de pièces, plus ils seront gênés avec. Il n’est donc pas question de les aider à résoudre leur principal souci !

16.5. Meilleure structure de pions

« Les pions sont l’âme des échecs. » Cette petite phrase prononcée par le musicien français et joueur d’échecs renommé François-André Danican Philidor (Dreux, 1726 - Londres, 1795), révolutionna le jeu d’échecs en son temps. Au début du XVIIIe siècle, les joueurs ne pensent qu’à gagner par échec et mat ; les parties sont alors très agressives et les Pions, tenus pour quantité négligeable, allègrement sacrifiés. C’est en battant le champion de l’époque devant Louis XV, à Versailles, que Philidor - alors âgé de 10 ans ! - entre dans l’histoire des échecs. Son « Analyse des échecs » bouleverse le déroulement tactique des parties et les pions acquièrent sur l’échiquier une importance stratégique considérable.

« Majorité de pions sur une aile », « pions doublés », « triplés », « isolés », « éparpillés », « trop avancés », « pions du roque affaiblis », etc. entrent alors dans le vocabulaire du joueur d’échecs moderne.

Observez la position des Pions dans le diagramme suivant :


 (JPG)

La « structure » formée par les Pions blancs représente exactement ce qu’il faut éviter. Des « Pions doublés et avancés » sur la colonne « a » ; Un Pion « arriéré » sur la case d3 et un « affaiblissement » des Pions du roque sur la droite de l’échiquier.

Toutes ces « faiblesses positionnelles » offrent à l’adversaires des cases importantes où il pourra placer ses pièces sans crainte. N’oubliez pas que les Pions ne peuvent pas reculer, et pour cette raison chaque mouvement de Pion doit-être mûrement réfléchi.

L’expérience a démontrer que plus un Pion s’éloigne de ses bases, plus sa force offensive augmente mais plus sa force défensive diminue. En général, un Pion qui ne peut être soutenu par un autre Pion est une « faiblesse ». Pourquoi ? Simplement parce que le joueur qui possède le Pion faible sera obligé de monopoliser ses pièces pour le défendre. Utiliser un Cavalier ou un Fou (valeur 3 pions), voire une Tour (5 pions) ou une Dame (9 pions) pour ne pas perdre un Pion faible n’a absolument rien d’économique.

« Un pion isolé assombrit tout l’échiquier » a déclaré Xavier Tartacover. Même si la phrase reste exagérée, elle donne quand-même une idée du problème. Voyez le diagramme ci-dessous :


 (JPG)

Les Noirs ont un « Pion isolé » sur la case d5. Et pour le défendre, ils ne pourront plus compter que sur des pièces. Un tel « Pion central isolé » défini pratiquement le plan de la partie pour les deux camps : Les Blancs vont amasser des forces et mettre la pression sur la faiblesse, pendant que les Noirs resteront liés à sa défense. Bien entendu, un « Pion isolé » n’a pas que des faiblesses. Il peut aussi offrir d’excellentes possibilités d’attaques. Le diagramme suivant montre d’ailleurs le « Pion isolé » sous un meilleur jour :


 (JPG)

A la différence du diagramme précédent, ici, le « Pion isolé » en d5 est mobile (aucune pièce blanche n’est en mesure de le bloquer) et il offre donc aux Noirs un potentiel offensif important. Le « Pion isolé » est une arme dangereuse en « milieu de partie » parce qu’il va de pair avec un avantage d’espace au centre qui permet généralement de préparer une attaque sur l’aile roi. Le « Pion isolé » conduit le plus souvent à des luttes tranchantes dans lesquelles la stratégie et la tactique s’imbriquent étroitement.
Mais au fur et à mesure des échanges de pièces, le « Pion isolé » perd de sa force offensive parce que sa faiblesse apparaît, étant l’objet d’une concentration adverse sur une « ligne ouverte ».


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