8. Les parties nulles


« Les pions sont l’âme des échecs. » Philidor

Gérard Demuydt
le 26 janvier 2008.

Une partie d’échecs ne se terminant pas toujours par la victoire de l’un des deux camps, il est aussi possible d’annuler la partie et ainsi de « partager le point ». Il existe six cas de nullité :

Par consentement mutuel

Il est autorisé, à n’importe quel moment de la partie, mais seulement au joueur qui « a le trait » (c’est-à-dire à celui doit jouer), de « proposer nulle » à son adversaire. Pour cela, il suffit de jouer un coup et en même temps d’annoncer à voix haute, par exemple : « Je vous propose nulle ». En cas d’accord, la partie s’arrête et les deux joueurs se partagent le point. La nullité se note sous la forme : 0,5-0,5 ou ½-½. Attention quand-même à ne pas jouer n’importe quel coup lors de votre proposition de nulle, car votre adversaire à le droit de ne pas l’accepter. Il peut soit vous répondre de vive voix, soit ne rien dire et jouer son coup suivant normalement. Ce qui équivaut à un refus.

Par insuffisance de matériel

La partie est déclarée nulle dans les positions où aucun des deux joueurs ne dispose de suffisamment de matériel pour donner échec et mat au Roi ennemi. Par exemple : Les finales de Roi seul contre Roi seul ; Roi et Fou ou Roi et Cavalier contre Roi seul, Roi et Fou ou Cavalier contre Roi et Fou ou Cavalier.

Pour cause de Pat

Nous l’avons déjà vu dans le chapitre précédent, le Pat met immédiatement un terme à la partie et le point est ici aussi partagé.

Par échec perpétuel


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Dans le diagramme N° 44, ci-dessus, les Noirs donnent un échec au Roi blanc par le Cavalier en h3. Les Blancs ne peuvent pas prendre ce Cavalier avec leur Pion en g2 à cause du clouage effectué par la Dame noire en g5, sinon ils mettraient leur Roi volontairement en échec. Le Roi blanc doit donc se rendre sur la case en h1, la seule case disponible, par 1. h1, mais si les Noirs continuent en jouant 2...f2+, le Roi devra revenir sur la case en g1. Les Noirs peuvent donc poursuivre sans cesse le Roi par des échecs, au moyen de ...h3+ et ...f2+. C’est « l’échec perpétuel » et la partie sera déclarée nulle après la troisième répétition. Dans la position de cet exemple les Noirs ont une pièce de moins que les Blancs, ils ont donc intérêt à « prendre le demi-point », leurs chances de gagner la partie étant pratiquement inexistantes.

Par triple répétition de la position

Cette possibilité est identique à celle de « l’échec perpétuel » mais sans donner échec. Elle survient lorsque la même position vient de se présenter une troisième fois, consécutivement ou non, au cours de la même partie, et que le joueur au trait réclame la nulle ou, lorsque le joueur au trait peut jouer un coup qui reproduit la même position une troisième fois. Dans ce cas précis, il réclamera alors la nulle en mentionnant ce coup, mais sans le jouer sur l’échiquier.


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Par exemple, dans le diagramme N° 45, ci-dessus, les Noirs ont joué leur Tour de la case f8 à la case en e8 et les Blancs viennent de continuer la partie en jouant leur Cavalier de la case f3 sur la case g5. On remarque que maintenant deux pièces blanches (Le Cavalier en g5 et le Fou en b3), attaquent la case f7 (coloriée en rouge), qui n’est défendu que par le Roi noir. C’est maintenant au tour des Noirs de jouer et ils vont répondre en déplaçant leur Tour de la case e8 sur la case f8 (défendant une seconde fois la case et le pion en f7). Si les Blancs continuent en rétrocédant leur Cavalier en g5 sur la case f3, puis si les Noirs rejouent leur Tour en e8 et ainsi de suite, nous obtenons une répétition de la position.

Par la règle des cinquante coups

La règle de la Fédération Internationale des Echecs (FIDE) stipule que lorsque 50 coups consécutifs des Blancs et des Noirs ne comportent ni mouvement de Pion, ni prise de pièce ou Pion, le joueur qui a le trait peut réclamer la partie nulle.

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