5. La valeur des pièces


« La possibilité de transmuter occasionnellement la matière en énergie et l’énergie en matière représente une des qualités merveilleuses du jeu d’échecs et peut-être même son secret véritable. » Rudolf Spielmann

Gérard Demuydt
le 26 janvier 2008.

La valeur des pièces étant basée sur le nombre de cases que chacune d’elles commande, on peut estimer la valeur de chaque pièce en rapport avec le champ d’action qu’elle couvre. La pièce la plus faible sur l’échiquier est, à ce titre, le Pion, qui doit être classé comme l’unité de base de la puissance. Un Fou ou un Cavalier ont à peu près chacun la même valeur de trois Pions. Mais un Fou vaut d’avantage qu’un Cavalier dans certaines positions dites « ouvertes » (non encombrées par d’autres pièces), tandis qu’un Cavalier vaut d’avantage qu’un Fou dans des positions dites « fermées », où sa faculté de sauter par-dessus les pièces lui confère un pouvoir unique. Au fur et à mesure que progresse la partie et que s’effectuent des échanges de pièces et de Pions, l’échiquier se vide, l’espace devient plus important et la valeur du Fou augmente. Sa valeur « potentielle » est donc plus grande que celle d’un Cavalier.

Il suffit de jeter un coup d’œil sur le diagramme N° 28 ci-dessous pour constater que les deux Fous placés conjointement au centre de l’échiquier commandent ensemble un espace étendu et qu’ils possèdent, de ce fait, une grande puissance.

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La puissance des 2 Fous

Une Tour vaut environ cinq Pions, soit légèrement moins qu’un Fou et un Cavalier. Deux Tours valent un peu plus qu’une Dame. Une Dame vaut neuf Pions ; c’est donc une pièce de grande valeur. Un bel échange serait une Dame pour Tour, Fou (ou Cavalier) et un Pion. Toutefois, une Dame vaut un peu moins que deux Fous et un Cavalier (ou deux Cavaliers et un Fou).

En raison de leur prédominance, les Dames et les Tours sont appelées « pièces majeures », et les Cavaliers et les Fous « pièces mineures ». Ce qui donne l’échelle des valeurs suivante :

-   Pion = 1
-   Cavalier = 3
-   Fou = 3
-   Tour = 5
-   Dame = 9

Il faut noter que ces valeurs sont variables et peuvent changer suivant les circonstances. Elles ne sont indiquées ici qu’à titre de référence.

Pour s’exprimer avec le vocabulaire de la bourse, toutes les pièces du jeu d’échecs ont un double cours, un cours d’émission et un cours journalier. Le premier représente la valeur absolue et le second la valeur relative. Plus la position est simple, plus la valeur absolue se fait sentir, mais plus la position est compliquée, plus la valeur relative gagne en importance. Voici deux exemples :


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Diagramme N°29. Ici les Blancs n’ont qu’un Pion de plus que les Noirs, mais ce « petit » avantage matériel est largement suffisant pour gagner la partie ! En effet, rien ne pourra empêcher le Roi blanc d’escorter le Pion de plus jusqu’à la Promotion d’une Dame.


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Diagramme N° 30. Ici les choses sont très différentes. Les Noirs possèdent un Fou, une Tour et 2 Pions de plus que les Blancs, cependant, les deux Tours noires et le Fou noir des cases noires sont encore sur leur case initiale ; ils n’ont donc encore jamais joué et la Dame noire, très éloignée de l’action, ne participe pas du tout à l’action qui se situe de l’autre côté de l’échiquier. Pour leur part, les Blancs, malgré un retard de matériel très important, harcèlent le Roi noir et ne tarderont pas à le mater !

Le Roi n’a, quant à lui, pas de prix, puisqu’il ne peut pas être pris sans perdre la partie. Vous pouvez prendre n’importe quelle pièce sauf le Roi, lequel doit être gardé avec la plus grande vigilance.

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